Vous le savez, nous le savons, les outils numériques ont transformé la manière dont les compagnies, les théâtres et les artistes dialoguent avec leur public. Comment structurer une communication numérique efficace ? Quels sont les incontournables et les erreurs à éviter ? Décryptage.
L’évolution des communications numériques en théâtre
Autrefois centrée sur des supports physiques et des relations directes avec les spectateurs, la communication théâtrale s’est progressivement digitalisée. Avec l’essor des réseaux sociaux, des sites web interactifs et du marketing par courriel, nous avons dû repenser leur manière de promouvoir nos spectacles et d’interagir avec nos audiences. Une stratégie numérique bien pensée permet non seulement d’augmenter la visibilité des productions, mais aussi de créer un lien plus fort et durable avec le public. Nous avons été accompagnés par des spécialistes et, aussi, nous sommes alliés avec la jeune génération afin de mieux comprendre comment nous positionner.
Voici un résumé de nos apprentissages (vous trouverez aussi un document complet sur la gestion des réseaux sociaux, préparé par Spritz ICI)
Les bases d’une stratégie numérique réussie
- Des cibles précises : souhaite-t-on maintenir le lien avec un public existant? Développer nos publics? À qui s’adresse-t-on vraiment : public acquis, futurs spectateurs, diffuseurs, partenaires, donateurs? Préciser nos cibles est souvent oublié, mais absolument essentiel afin d’adapter correctement nos messages
- De la veille, de la veille, de la veille : nous avons par exemple instauré un canal “veille” sur notre chat interne. Nous partageons ce que nous avons vu, ce qui nous inspire, ce que nous ne souhaitons surtout pas faire, tous médias et tous sujets confondus. Hydro-Québec? On adore leur répartie sur les réseaux sociaux. Rad? On rêverait d’avoir leur pertinence et leur efficacité auprès des jeunes. Urbania? Leur infolettre vaut le détour. Et ainsi de suite, selon vos intérêts et coups de cœur. N’oubliez pas non plus de rejoindre des communautés dédiées, comme celle des professionnels du numérique sur Facebook, une source intarissable d’information.
- De la personnalité avant tout : votre compagnie, votre équipe, votre communauté et vos créations ont assurément leur couleur propre. Écartez-vous des contenus génériques et trouvez votre ton.
- Un site web optimisé : Il doit être à jour, intuitif et responsive (adapté aux mobiles). Les informations essentielles – description des spectacles, billetteries en ligne, biographies des artistes, critiques et actualités – doivent être facilement accessibles. Le design c’est bien, mais l’UX (expérience utilisateur), c’est encore mieux.
- Une présence active sur les réseaux sociaux : Facebook, Instagram, TikTok, LinkedIn … Chaque plateforme a ses spécificités. Adapter son ton et ses contenus en fonction du canal utilisé est essentiel pour toucher efficacement son audience. Se concentrer sur 2 ou 3 plateformes peut être pertinent si on ne dispose pas d’une grande équipe.
- Une infolettre engageante : Le courriel est un outil souvent sous-estimé, mais puissant pour fidéliser notre public. Un bon équilibre entre promotion et contenu exclusif (entretiens, coulisses, offres spéciales, etc.) permet de maintenir l’intérêt des abonnés. Attention : une infolettre n’est pas un publisac : focuser sur les ventes et se limiter à de la promotion fera assurément fuir le lectorat.
- Des visuels et vidéos attractifs : Le contenu visuel est clé dans une stratégie numérique. Des bandes-annonces, des images de répétition, des interviews et des extraits de spectacles captent l’attention et génèrent de l’engagement. On salue par exemple l’initiative du Quat’sous pour sa campagne de financement avec leurs pastiches hilarants de télé-réalités.
- Une interaction avec le public : Répondre aux commentaires, organiser des sessions de questions-réponses en direct, publier du contenu participatif… L’engagement du spectateur se construit aussi, et surtout, dans l’échange.
La découvrabilité : se rendre visible dans un océan de contenu
À l’ère du numérique, être présent en ligne ne suffit plus : il faut être visible et trouvable facilement. La découvrabilité, c’est la capacité d’un contenu à être repéré par son public cible. Dans le milieu théâtral, cela implique plusieurs stratégies :
- Optimisation du référencement (SEO) : Un site web bien structuré, des descriptions claires et l’utilisation de mots-clés pertinents permettent d’apparaître plus haut dans les résultats des moteurs de recherche.
- Utilisation des hashtags et métadonnées : Sur les réseaux sociaux, choisir les bons hashtags et compléter les descriptions de manière stratégique facilite la mise en avant des publications.
- Collaboration et partage : Le partage de contenu par des partenaires, des critiques ou d’autres acteurs du milieu accroît la portée des messages.
- Présence sur les plateformes de recommandation : Intégrer des bases de données culturelles (allô La vitrine culturelle par exemple) être mentionné dans des infolettres et utiliser les plateformes de billetterie numérique accroît la visibilité.
Les erreurs à éviter
- Une communication irrégulière : Être actif quelques semaines avant un spectacle et disparaître ensuite est une erreur fréquente. La constance est essentielle pour entretenir la relation avec le public. Trouvez un fil conducteur pour maintenant l’attention en tout temps
- Un ton impersonnel : Le théâtre, c’est avant tout de l’émotion et de l’humain. La communication numérique doit être à l’image de votre compagnie!
- Ignorer les retours du public : Les avis et commentaires sont une richesse. S’engager avec son audience, répondre aux critiques constructives et encourager les discussions permet de renforcer la communauté. Pas toujours facile, mais ô combien gagnant!
- Négliger l’accessibilité : Sous-titrer les vidéos, proposer des descriptions d’images pour les malvoyants et veiller à une navigation claire sur le site web rendent la communication plus inclusive.


