Affaires, mode et philanthropie : un directeur du développement philanthropique aux multiples talents

La trentaine à peine sonnée, Maxime Bertrand possède déjà une feuille de route impressionnante. Qui aurait pu prédire que l’instructeur de voile, amoureux de nature, d’aventure et d’architecture, atterrirait un jour dans les bureaux d’une compagnie de théâtre documentaire? Entrevue tous azimuts avec le nouveau directeur du développement de Porte Parole, à la croisée du monde des affaires, de la philanthropie et de l’engagement social.

Un parcours en forme de catwalk : d’Hermès à Porte Parole, en passant par la Fonderie Darling

Après avoir grandi au bord du lac Memphrémagog, Maxime quitte sa ville natale pour étudier en administration des affaires à HEC Montréal. Son chemin universitaire le mène à Tokyo, puis à Paris, où il complète une maîtrise en management des entreprises de la mode, du luxe et du design. Là-bas, il décroche un stage puis se voit embauché chez Hermès International comme chargé de projet 360, au service des lignes masculine de la marque pour leur développement au Japon et aux États-Unis. Rapidement, il lance sa propre marque de vêtements haut-de-gamme à Londres, avec un ami d’enfance devenu designer de mode.

S’investir dans le capital humain : quitter la sphère économique au profit des causes sociales

À la tête de sa compagnie, Maxime multiplie les fashion weeks, jouissant d’un réseau de distribution mondiale. Malgré le faste d’une carrière en affaires naissante, le jeune homme se questionne : le souhait de mettre son expertise au service de causes ayant un impact social plus direct prend forme.

Il décide de revenir à Montréal afin de poursuivre un certificat en gestion philanthropique à l’Université de Montréal. « Je voulais rester dans la culture, mais j’étais face à une grande remise en question. J’avais le désir de m’éloigner de la folie du luxe, et de contribuer à l’essor d’une communauté en privilégiant le capital social et le capital culturel, plutôt que le capital économique. Me diriger vers la gestion d’OSBL était pour moi la suite logique. »

La philanthropie comme véhicule de changement

Certificat en poche, Maxime plonge tête première dans l’univers de la philanthropie. Il collabore à différents projets de recherche pour le PhiLab de l’UQÀM (Réseau canadien de recherche partenariale sur la philanthropie), puis le Conseil des Arts de Montréal le sélectionne pour un stage au Théâtre du Rideau Vert.

Sa rencontre avec Marc Drouin, qui travaille alors au financement de la compagnie de théâtre de la rue Saint-Denis, est déterminante. « Il est devenu mon mentor, c’est lui qui m’a fait rencontrer les cercles de philanthropie, qui m’a montré les rouages du milieu culturel montréalais. »

Approché par la Fonderie Darling, il flirte quelque temps avec le milieu des arts visuels. Il organise pour le centre d’arts une campagne de sociofinancement, rencontre divers mécènes qui parrainent les artistes visuels, prends en charge le membrariat avant d’être nommé responsable du développement. À ce titre, il veille à restructurer les systèmes de gestion des opérations et de la gestion des donateurs.

Coup de foudre pour le théâtre documentaire

C’est à l’été 2021 que le théâtre documentaire fait son entrée dans la vie de Maxime Bertrand, alors que Porte Parole vient cogner à sa porte pour lui offrir le poste de directeur du développement philanthropique.

« Le théâtre documentaire, ça a été un grand coup de cœur pour moi. C’est un moyen exceptionnel de mobiliser les gens, de créer de l’engagement, de parler d’enjeux parfois tabous, peu abordés. J’ai été charmé par l’expertise de Porte Parole et son côté novateur… c’est du théâtre qui est plus que du théâtre. J’ai tout de suite eu envie de mettre mes compétences au service de la mission de l’organisme, de l’aider à se préparer pour les prochaines phases de son développement. Faire grandir cette belle équipe de gens talentueux et engagés, en faire sortir le meilleur pour élargir leur force de frappe, c’est le feu qui m’a allumé et qui m’allume encore. »

Un rôle de catalyseur taillé pour Maxime

Pour naviguer dans le changement, on doit savoir où mettre le cap, et voir loin devant. Planifier, élaborer des plans d’action, déterminer la direction, optimiser les outils et les systèmes, présenter l’organisation au public et saisir les opportunités de croissance : le rôle de directeur du développement philanthropique en est un de vision à long terme. Un poste qui demande écoute, ouverture d’esprit, empathie, rigueur et humilité, selon Maxime.

« En ce moment, nous sommes en réflexion stratégique avec la direction de la compagnie. Avant de faire des recommandations, je m’imprègne au maximum, j’écoute, j’apprends à comprendre l’organisation pour l’amener au prochain niveau, lors de la phase de développement. » Le directeur s’intéresse de près à la gouvernance de Porte Parole, à ses communications, tout en prenant soin de la relation qu’entretient la compagnie avec les donateurs et parties prenantes qui soutiennent ses causes.

Une approche plus stratégique du développement

Maxime apporte avec lui une expertise et une vision extérieures au monde du théâtre, axées sur le développement durable. « On ne demande plus la même chose aux organisations. Beaucoup d’optimisations sont possibles pour multiplier leurs impacts, ça nécessite une gestion assidue des savoirs et des expertises, de la rétention, et du point de vue du financement privé, une diversifications des sources et des relations de proximité qui rapprochent les soutiens de la mission. C’est ce qu’on tente de faire en combattant le financement par projets, longtemps associé aux compagnies théâtrales – ce sont des OSBL, mais elles dépendent d’un modèle d’affaires – on ne génère peut-être pas de richesse économique, mais la richesse de notre impact dépend de nos performances. En gérant l’argent du privé comme des investissements, on avance. »

Faire évoluer les perceptions sur le financement des arts

Quand on lui demande quels sont les défis reliés au financement privé en arts, Maxime prend une pause, pèse ses mots. « Le public croit souvent à tort que le gouvernement nous finance suffisamment et qu’on fait des sous en vendant des billets. En réalité, personne ne paie le juste prix pour la culture. Ceux qui nous soutiennent en sont conscients et grâce à eux nous pouvons poursuivre notre mission. Le défi est de faire évoluer les perceptions le plus possible auprès du public et espérer élargir notre réseau de donateurs. »

Maxime souhaite sensibiliser le public sur le fait que Porte Parole est un organisme de bienfaisance : plus il est financé, plus il redonne à la société. « Un don pour la compagnie est un investissement durable, puisqu’elle met au monde des outils pour faire bouger les choses, pour soulager la détresse humaine, pour donner une voix à ceux qui n’en avaient pas. Nos donateurs soutiennent la culture, oui, mais aussi et surtout des causes sociales. »

Une tête sur les épaules, et des idées plein la tête : Maxime prend aujourd’hui place à bord du navire de Porte Parole. Et il espère lui aussi contribuer, à sa manière, à l’élaboration d’une démocratie plus saine.

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Porte Parole aimerait remercier les donateurs suivants pour leur appui.

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