Des ingénieurs publics-privés…

Le bras-de-fer entre les étudiants et l’administration Charest fait presque oublier un autre état d’urgence, lié à de la corruption dans la gestion des travaux publics. Ce grand titre du Devoir braque les projecteurs sur le ministère des Transports : Transports Québec – 32 ingénieurs privés dans les bureaux du ministère. Dénoncée par le Rapport Duchesneau, la présence d’ingénieurs de firmes privées de génie-conseil au ministère prête au conflit d’intérêts et au trafic d’influence. L’article de Kathleen Lévesque souligne aussi la réponse du ministre Pierre Moreau quant à cet écart aux recommandations de M. Duchesneau : le code de déontologie des ingénieurs, selon M. Moreau, suffit à éviter les manquements à l’éthique. Un ex-démarcheur pour l’entreprise Roche, M. Gilles Cloutier, vient de rompre le silence quant à des pots-de-vin versés à plusieurs politiciens par des firmes de génie-conseil, ce que confirme Lino Zambito, propriétaire de l’entreprise de construction Infrabec.

Tels qu’ils sont rapportés dans Sexy béton, les propos de Michel Gagnon, président du syndicat des ingénieurs du ministère des Transports, sont clairs : il n’y a pas assez d’ingénieurs pour surveiller les centaines de chantiers du territoire québécois, en plus du suivi à assurer pour les milliers de structures existantes. La surveillance et l’entretien ont donc été très souvent confiés au secteur privé, donc à un réseau complexe d’entreprises s’échangeant contrats et sous-contrats. Résultat : au cours des derniers 10 ans, plusieurs ponts et viaducs se sont écroulés.

Si l’été dernier, la chute de paralumes sur l’autoroute Ville-Marie n’a pas fait de victimes, le laisser-aller du ministère des Transports finira par en faire. Encore. Et le code de déontologie des ingénieurs n’y peut rien.

1 commentaire

  1. greemippiff says:

    besoin de verifier:)

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