Woody Allen a dit : «Malheureusement, nos politiciens sont soit incompétents, soit corrompus. Quelquefois les deux en même temps, le même jour.» Toutefois pour ma part, ces derniers temps, je sens un vent de participation citoyenne qui se lève. Est-ce qu’on en a toléré assez pour réclamer un peu mieux?
Entre les maigres efforts des dirigeants pour discuter avec les citoyens, comme Harper sur Youtube, et le “non” systématique de Charest aux demandes plus pressantes et concrètes pour une commission d’enquête sur le milieu de la construction (voir le groupe facebook pour vous engager), il s’avère qu’il est de plus en plus clair que nos voix, même plus inspirées, ne semblent pas se faire entendre suffisamment.
Il y a quelques semaines, l’émission Enquête à Radio-Canada lançait un reportage qui a été scruté de proche et de loin tant par les citoyens du Québec que par les personnes attaquées ou dont la compétence et l’intégrité étaient remises en question. Alors que l’émission a ouvert plusieurs voies quant aux questions qui se posent depuis maintenant des mois, elle a seulement montré la pointe de l’iceberg sur la situation politique et les syndicats.
Puis tout d’un coup, Sam Hamad, le ministre du Travail a décidé de rencontrer le directeur général de la FTQ Construction, Richard Goyette, pour “faire le point” sur le “climat malsain qui règne sur les chantiers de la Côte-Nord”.
Mais la FTQ Construction se défend bien d’avoir des choses à se reprocher, en voici une bribe. Sur le site du syndicat de la construction, on peut trouver plus d’information sur le dossier :

Honnêtement, je ne sais pas si je peux appeler ça de l’hystérie de réclamer des réponses à des questions qui ont un impact sur tous les citoyens du Québec et où beaucoup des fonds publics sont investis. Je suis plutôt d’accord avec l’idée de Josée Legault dans le Manifeste pour un Québec intègre, où elle souligne notamment que :
“une odeur désagréable monte à mesure que s’accumulent les allégations de favoritisme, de dons généreux au PLQ par des entrepreneurs, de collusion, de corruption et de dépassements de coûts dans plusieurs projets municipaux et provinciaux.”
D’ailleurs, si elle n’a rien de sale à cacher, pourquoi la FTQ Construction réagit-elle aussi fortement aux accusations et ne veut-elle pas de Commission ?

Dans ce communiqué sur le site de la FTQ Construction, on dit qu’il se fait beaucoup de politique sur le dos des syndicats. Si en même temps, ce sont ces mêmes syndicats qui bénéficient des ententes avec le gouvernement comme donneur d’ouvrage, il est ironique qu’ils se plaigne de la politique quand ça va moins bien. Si les évènements médiatiques ont eu un impact important et ont aussi suscité, comme d’habitude, des attitudes extrêmes (notamment dans les sections Commentaires disponibles sur tous les sites des grands médias), il n’empêche que le mandat d’une émission telle qu’Enquête est tout de même de faire un travail journalistique intègre. La question est plutôt de savoir : si personne au Québec ne se souciait de l’émission Enquête, est-ce qu’on réagirait de la même façon à la FTQ Construction?
Ainsi, je me demande si on n’assiste pas ici à une réaction de peur face aux demandes, au mécontentement et surtout au pouvoir montant des citoyens du Québec. La question n’étant donc pas la politique sur le dos de qui, mais plutôt la démocratie comment et sur le dos de qui?!
Surtout pour éviter qu’on se retrouve avec des ponts sur la tête ou du béton dans le dos.


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