Des ingénieurs publics-privés…

Le bras-de-fer entre les étudiants et l’administration Charest fait presque oublier un autre état d’urgence, lié à de la corruption dans la gestion des travaux publics. Ce grand titre du Devoir braque les projecteurs sur le ministère des Transports : Transports Québec – 32 ingénieurs privés dans les bureaux du ministère. Dénoncée par le Rapport Duchesneau, la présence d’ingénieurs de firmes privées de génie-conseil au ministère prête au conflit d’intérêts et au trafic d’influence. L’article de Kathleen Lévesque souligne aussi la réponse du ministre Pierre Moreau quant à cet écart aux recommandations de M. Duchesneau : le code de déontologie des ingénieurs, selon M. Moreau, suffit à éviter les manquements à l’éthique. Un ex-démarcheur pour l’entreprise Roche, M. Gilles Cloutier, vient de rompre le silence quant à des pots-de-vin versés à plusieurs politiciens par des firmes de génie-conseil, ce que confirme Lino Zambito, propriétaire de l’entreprise de construction Infrabec.

Tels qu’ils sont rapportés dans Sexy béton, les propos de Michel Gagnon, président du syndicat des ingénieurs du ministère des Transports, sont clairs : il n’y a pas assez d’ingénieurs pour surveiller les centaines de chantiers du territoire québécois, en plus du suivi à assurer pour les milliers de structures existantes. La surveillance et l’entretien ont donc été très souvent confiés au secteur privé, donc à un réseau complexe d’entreprises s’échangeant contrats et sous-contrats. Résultat : au cours des derniers 10 ans, plusieurs ponts et viaducs se sont écroulés.

Si l’été dernier, la chute de paralumes sur l’autoroute Ville-Marie n’a pas fait de victimes, le laisser-aller du ministère des Transports finira par en faire. Encore. Et le code de déontologie des ingénieurs n’y peut rien.


Nouvelle version de Seeds à Toronto

Eric Peterson incarne Percy Schmeiser. Photo: Maxime Côté

La pièce Seeds d’Annabel Soutar, recréée par le metteur en scène Chris Abraham, directeur artistique du Crow’s Theatre, met en vedette Eric Peterson, acteur célèbre au Canada anglais tant sur scène qu’à la télévision (Street Legal, Corner Gas). La première et les représentations ont eu lieu au Young Center for the Performing Arts, à Toronto, du 18 février au 10 mars. Seeds sera présentée au prochain Festival TransAmériques, et la version française prendra l’affiche au cours de l’automne 2012 à Montréal.

Détenant le prix de “Meilleure production catégorie anglophone” de l’Association des critiques de théâtre (AQCT) et en nomination pour le prix “Meilleur texte” en 2005 par l’Académie québécoise du théâtre, Seeds est une re-création dramatique d’une bataille légale qui a duré 4 ans entre un agriculteur de la Saskatchewan, Percy Schmeiser, et un des grands promoteurs de la biotechnologie, Monsanto Inc.

Basé sur le verbatim du procès, des entrevues avec Schmeiser, des représentants de Monsanto et des agriculteurs, des intellectuels, des avocats et des scientifiques de tout le Canada, Seeds nous fait zigzaguer dans un labyrinthe de conflits légaux sur la question des droits de brevets, des confrontations scientifiques sur les aliments génétiquement modifiés et les heurts entre les agriculteurs et l’industrie de la biotechnologie.

La version française de Seeds a été confiée à la dramaturge montréalaise très applaudie Fanny Britt, dont la pièce Enquête sur le pire a ravi les critiques lors de son passage au Théâtre d’Aujourd’hui en avril 2010.

Merci à nos partenaires pour leur accueil d’ateliers de la pièce, Playwrights’ Workshop et Hexagram-Concordia.


Le Speakeasy de Porte Parole : déjà un classique!

Une vue d’ensemble impressionniste, clin d’oeil aux scènes de bistros de Renoir, voilà qui résume l’aspect intemporel du SPEAKeasy de Porte Parole, le 17 janvier au charmant Le Lion d’Or… Une soirée de poker bon enfant où tout le monde s’amuse en se mesurant à la fois à la chance et aux aptitudes ludiques des uns et des autres, le tout pour une bonne cause : soutenir le théâtre documentaire audacieux de Porte Parole. Une combinaison gagnante pour tous. Avis à celles et ceux qui n’ont pu se joindre à nous : rendez-vous l’an prochain!


Ce soir au Lion d’or : un poker pour une bonne cause

La 2e édition du Speakeasy de Porte Parole a lieu ce soir au Lion d’Or, 1676, rue Ontario Est, Montréal. Du poker pour une bonne cause… Au programme : tournoi de poker, prix enviables, table pour débutants, boissons et bouchées délicieuses, ambiance des Années Folles, chanteuse charmante, encan silencieux offrant des œuvres de grande valeur, et tirage aux lots alléchants. Le billet d’entrée de 100 $ donne 1 500 $ de jetons de poker, 2 billets pour le bar et des hors d’œuvres toute la soirée (ainsi qu’un reçu pour fins d’impôt de 75 $).

L’horaire :
18 h Accueil
19 h Ouverture des tables de poker
21 h 30 Fin de l’encan silencieux
22 h 30 Fin du poker, annonce des gagnants.

Voyez les préparatifs du Speakeasy sur cette page Facebook. Info : 514-842-8883.


Sexy béton en tournée : un succès

Une scène de Sexy béton. Photo : Robert Etcheverry

La tournée de Sexy béton à Montréal et en région a pris fin le 4 décembre à St-Jean-sur-Richelieu devant un public enthousiaste. Dans l’ensemble, la tournée a suscité un vif intérêt, ce qui a permis de jouer Sexy béton devant plus de 2 000 spectateurs. Plusieurs d’entre eux ont exprimé leur approbation de la pièce, qui donne vraiment la parole aux citoyens ordinaires aux prises avec un système administratif injuste.

Quelques commentaires de spectateurs :

Cette compagnie théâtrale n’a pas fini de faire des vagues.” Serge Côté

J’y étais et c’était formidable! bravo! Josée Gosselin

Bravo pour l’audace.“ Micheline Benoit.

Merci au public de Porte Parole pour son accueil et sa participation. Et merci encore une fois à l’équipe et aux comédiens de la tournée pour un travail de haut niveau.

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Claude Goyette et Mireille Reid se souviennent

Vidéo : Andrew Krajewski


Le Rapport Duchesneau tel que prévu par Sexy béton…

Ce que l’on peut nommer le Rapport Duchesneau contient plusieurs révélations qui semblent carrément tirées de la pièce Sexy béton, entre autres quant aux fameux ‘extras’ permettant à certains entrepreneurs de profiter royalement des deniers publics (alors qu’on comprime la Santé et l’Éducation!). En effet, ceux qui ont vu la pièce se souviendront de la scène où un entrepreneur anonyme explique le principe de la facturation bidon et des gains additionnels qu’elle procure. D’autres aspects de la pièce sont aussi confirmés dans le rapport, notamment la complicité établie entre les firmes habituées à gérer les contrats gouvernementaux et certaines figures louches du crime organisée. Enfin, l’absence de prise de responsabilité des autorités publiques quant aux pertes de vies humaines est expliquée par la connivence entre politiciens, financiers et entrepreneurs dans ce que le célèbre lapsus de Jean Charest a si clairement décrit comme « l’industrie de la corruption. »

La démission de Mme Normandeau et la partie de chaises musicales qui l’a suivie révèlent leur partition : retirer M. Sam Hamad des Transports et en détourner l’attention. Le rapport Duchesneau vient tout bousculer, mais Jean Charest convoque les médias pour dire qu’il ne l’a pas lu.


LA QUESTION DES INFRASTRUCTURES : QUE POUVONS-NOUS FAIRE?

Maude Laurendeau-Mondoux et Paul Stewart dans Sexy béton, l'intégrale. À l'arrière-plan : Pierre Collin. Photo : Robert Etcheverry

Ce texte d’Annabel Soutar a été publié par La Presse dans le courrier des lecteurs :

Il y a 4 ans, j’ai écrit une pièce intitulée Sexy béton à propos de l’effondrement du viaduc de la Concorde à Laval. Émue par les conséquences tragiques de l’accident, j’étais cependant inspirée comme auteur par l’ampleur poétique de cette histoire vraie. Un pont peut être le symbole d’un lien, d’une relation. Quand un pont s’écroule, cela signale une faille dans les structures du terrain commun qui unit deux entités séparées. Si le pont qui s’effondre a pour nom « Concorde » – un mot dont l’étymologie latine signifie harmonie – l’univers semble réclamer à hauts cris que quelqu’un mesure l’écho de l’événement. Voici la question que je me posais en 2006 : « est-ce que quelque chose de plus important qu’un viaduc est en train de s’écrouler au Québec? » Qu’est-ce que la défaillance des infrastructures me révèle sur moi-même et sur mes liens avec la société?

Fait intéressant, l’effondrement du viaduc de la Concorde n’était pas le premier cas problème du système routier québécois, mais le premier à retenir vraiment notre attention. En 2000, le viaduc du Souvenir s’est écroulé sur l’autoroute 15 et a tué un homme, Gilbert Vinson. L’enquête du Coroner n’a pas suscité assez d’attention médiatique pour nous intéresser au-delà du sang à la une. L’effondrement d’une structure appelée « Souvenir » était, ironiquement, presque totalement oublié six ans plus tard quand celui de la Concorde sonna un réveil brutal.

Au cours de la recherche liée à ma pièce sur le viaduc de la Concorde, j’ai interviewé des ingénieurs, des intervenants de la commission Johnson, des patrons de l’industrie de la construction et des spécialistes en conception de pont. Ma première question était toujours celle-ci : « pourquoi le viaduc est-il tombé? » Les réponses variaient dans les termes, mais contenaient le même message entre les lignes : l’effondrement de la Concorde n’était la faute de personne, et n’était sûrement pas l’indice de problèmes plus graves dans la société. C’était un accident « atypique » qui signalait peut-être le besoin d’investir davantage dans l’entretien des infrastructures, mais qui ne reflétait certainement pas d’enjeux plus vastes d’ordre politique, culturel ou éthique. Lisez la suite – »


Une preuve béton… mais la gravité nie tout!

Sam Hamad se fait rassurant...

L’effondrement le 31 juillet d’une structure du tunnel Ville-Marie constitue une preuve «béton» de l’ampleur du problème lié à notre sécurité et à la gestion des fonds publics. L’article de Mélissa Guillemette dans Le Devoir de ce matin résume bien la question. Elle rapporte le commentaire, devant la négligence de l’entretien des infrastructures, du chef de Projet Montréal M. Richard Bergeron, qui déplore que cet entretien «ne soit pas sexy.» Cela rappelle la pertinence de la pièce Sexy béton quant à l’effondrement du viaduc de la Concorde à Laval.

Une étrange déclaration du ministre des Transports Sam Hamad y figure aussi, et je cite : «Toutes les routes qui sont ouvertes sont sécuritaires [selon les critères du] ministère des Transports. Il n’y a aucun compromis avec la sécurité au Québec. [...]» Le ministre ne perçoit-il pas le paradoxe de ses propos? Il constate que les inspections ne suffisent pas à prévenir les catastrophes et contredit l’évidence même. Les routes sont sécuritaires, selon lui. Il n’est pas directement responsable de l’accident qui, heureusement, n’a tué personne. Mais puisque M. Hamad nie l’évidence, il devra s’avouer responsable du sort d’éventuelles victimes.

La prochaine fois, il dira que c’est la faute de la gravité. Mais la gravité niera tout : «j’ai toujours agi comme ça, c’est connu!»


Élections : le système SMUT…

L'escargot canadien avalera-t-il une bouchée rouge?

Maintenant que la poussière, et pas mal de pluie, retombent sur les élections fédérales du 2 mai, quelques faits s’imposent :
. Les Conservateurs n’avaient pas obtenu de majorité depuis 27 ans
. Le NPD n’avait jamais fait élire tant de députés, ni atteint le statut d’Opposition officielle
. Les Libéraux n’avaient jamais été relégués en 3e place, mais ne sont pas tombés si bas que les Conservateurs après Mulroney (1993)
. En comptant les Québécois, les électeurs canadiens semblent répartis entre la droite et la gauche
. Sans le Québec, le Canada penche nettement à droite

. Pour l’instant, personne ne semble lier l’aspect ludique du vote québécois aux limites de notre système uninominal, qui, croyez-le ou non, a pour acronyme SMUT! Lisez la suite – »