Sexy béton, encensée par Le Devoir

Il reste encore trois autres chances de voir Sexy béton, qui a été encensée par le critique Alexandre Cadieux dans Le Devoir aujourd’hui. There are three more chances to see Sexy béton, which was critically acclaimed by Alexandre Cadieux in Le Devoir today.

Alexandre Cadieux, Le Devoir, le 29 septembre, B8

« Si plusieurs artistes considèrent leurs créations comme des actes citoyens, peu nombreux sont ceux qui prennent des moyens aussi directs qu’Annabel Soutar. Malgré le spectre du didactisme flottant au-dessus de l’appellation « théâtre documentaire », la dramaturge et directrice artistique du Théâtre Porte Parole réussit, avec son dernier projet mis en scène par André Perrier, à informer, mais aussi à émouvoir et à ébranler les consciences.

Ce béton que l’on tente de rendre sexy (lire : au goût du jour) c’est celui du viaduc de la Concorde qui s’effondra la 30 septembre 2006 à Laval, tuant cinq personnes et en blessant six autres. À la suite de la commission d’enquête présidée par Pierre Marc Johnson, on a conclu à un « accident de voiture » dont la responsabilité ne saurait être imputée à un individu ou à un groupe précis.

Sexy béton raconte l’histoire de deux artistes qui, refusant ce constat, rencontrent pour y voir plus clair les témoins, acteur et victimes du drame, interprétés avec beaucoup de justesse par Marie-Josée Gauthier, Paul Stewart, et Stéphane Blanchette. Une comédienne francophone, Maude Laurendeau-Mondoux, et un comédien anglophone, Brett Watson, assurent la narration tout en menant les entrevues scrupuleusement conformes à celles réalisées par Soutar durant son processus de recherche et d’écriture.

L’auteure a trouvé dans cette forme dramatique ingénieuse une façon de mettre en lumière les doutes et les limites entourant sa propre démarche. Ce type d’aveu ne diminue en rien la force de frappe de l’objet, elle permet au contraire d’éviter le « sermonnage » et le prêt-à-penser.

La production qui se termine jeudi soir constitue en fait le premier chapitre d’une série en trois épisodes qui se poursuivra en novembre. La démarche unique de Porte Parole, le pertinence du propos et les qualités théâtrales de la production sont autant de raisons pour se rendre au Centre Segal au plus tôt.»

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