Hier, au Studio du Centre Segal, les représentations de Sexy béton II: Justice se sont conclues devant un bon public. Il semble que ce soit l’occasion idéale de partager avec vous quelques-uns des formidables commentaires reçus durant la dernière semaine. Voici quelques critiques choisies dans les médias.
Le Devoir
Pour que justice soit faite Alexandre Cadieux, le 29 novembre, 2009
«Après le choc ressenti devant le premier épisode du projet Sexy béton, en septembre dernier, on attendait avec impatience le second segment de cette enquête théâtrale à la fois excitante et révoltante. Excitante car il s’agit d’un suspense particulièrement bien mené et bien joué, et révoltante parce que la pièce d’Annabel Soutar met au jour des réalités sur notre système légal et sur certaines pratiques en cours dans le monde des entrepreneurs en travaux publics qui donnent tout simplement la nausée.
Le théâtre Porte Parole ne manque pas d’à-propos : le premier volet de Sexy béton avait pris l’affiche quelques semaines avant la télédiffusion des résultats de l’enquête des journalistes radio-canadiens Alain Gravel et Marie-Maude Denis sur la collusion dans le mileu québécois de la construction. Le second épisode, intitulé Justice, a pour sa part débuté mardi dernier, alors qu’au petit écran les libéraux et la FTQ rechignaient devant l’éventualité d’une commission d’enquête que tous réclament sur ce sujet. Opportunisme ? Que nenni : Soutar travaille à ce projet plus d’un an.
Rappelons la genèse de la pièce : devant la conclusion de la commission Johnson sur l’effondrement du viaduc de la Concorde, où tous les intervenants furent absous et la tragédie classée « accident de voiture », la compagnie Porte Parole, qui depuis dix ans travaille à l’élaboration d’un théâtre documentaire, a décidé de rencontrer les principaux joueurs et les victimes de cette tragédie. C’est d’ailleurs aux survivants et aux proches des disparus, citoyens ébranlés émotionnellement et parfois diminués physiquement, qu’on donne la parole dans Justice, par le truchement de comédiens dont l’investissement est exemplaire.
La démarche pourrait s’avérer lourde si la matière n’était pas dramatisée et théâtralisée avec tant de doigté. Ce second épisode reprend l’efficace utilisation d’un tandem d’acteurs Brett Watson et Maude Laurendeau-Mondoux, lui anglophone, elle francophone, qui prennent le relais scénique de l’auteure en assurant la narration du spectacle. Stéphane Blanchette, France Rolland, Paul Stewart, et l’étonnant Alex Ivanovici, véritable caméléon, se partagent les autres rôles, composés tout en retenue.
La manipulation à vue des quelques éléments scénographiques, notamment ces deux grande table grises rappelant inévitablement le tablier du pont et ses pilliers sert bien le propos, même si ce ballet n’était pas tout à fait réglé lors de notre passage mardi. Reste que la mise en scène d’Andre Perrier se concentre sur l’essentiel, c’est-à-dire, l’humain.
Comme toile du fond, on laisse les rideaux du studio du Centre Segal ouverts donnant à voir l’avenue de Westbury, les voitures qui y passent, le monde qui continue de tourner. Qui sait si justice sera rendue? Chose certaine, le théâtre Porte Parole participe artistiquement et lucidement à la bataille tout en effectuant un important et émouvant travail de mémoire.»
Montreal Gazette
Sexy béton II carries a punch as it keeps audiences up to date Pat Donnelly, November 27, 2009
“This is Montreal-specific bilingual theatre that not only flirts with journalism, but seeks to usurp it. The kind that urges you to stay tuned if you want the real story, as it happens – with a necessary pause for rehearsal time, of course.
I missed Sexy béton, Part 1. But Part 2, which includes a brief summary of the first play, stands firmly on its own, and is supported by a superlative cast that includes Alex Ivanovici as Montreal constitutional lawyer Julius Grey.
With the help of director André Perrier, Soutar has created a through-line that draws us forward through a series of scenes exploring the essential questions: “Who’s to blame?” and “To sue or not to sue?”
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Rover Arts
Justified Theatrics Anna Fuerstenberg. December 1, 2009
“Outrage is a very difficult emotion to sustain. Therefore I attended the second of Porte Parole’s one-act plays about the collapse of the Concorde Bridge in Laval with some trepidation. This play about the search for justice was a much more difficult one to mount. The extraordinary thing was that all the talk about lawyers and government reports (and an amazing incarnation of Julius Grey) managed to be moving and theatrical as well as relevant.
From the moment France Rolland walked on stage and began to prepare a large Italian meal and Stephan Blanchette vacuumed the stage using only one hand, the audience was transfixed.”
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