Je me souviens, le 18 juin 2000

Un témoignage choc est paru cette semaine dans les médias: le policier qui a supervisé l’enquête de l’effondrement du viaduc du Souvenir à Laval est persuadé qu’il y a eu négligence criminelle. Et bien sûr, non punie: “Il y a eu des blâmes et des reproches, mais jamais d’accusations”, selon le résumé du reportage d’Alain Gravel. Ce reportage sera diffusé à 20h, demain jeudi le 4 mars à l’émission Enquête sur les ondes de Radio-Canada.

Si ces déclarations ne sont pas de grandes surprises pour tous ceux qui connaissent la trilogie Sexy béton, cela laisse présager qu’on va en entendre davantage dans les semaines à venir. Et ça, c’est une bonne chose!

La sortie de l’ex-lieutenant-détective à la police de Laval, Marc Demers et le premier témoignage public de Luc Vinson, le frère de la victime de l’effondrement du 18 juin 2000, permettent toutes deux d’entrevoir à quel point dix ans plus tard, l’injustice et l’incompétence sont omniprésentes dans l’affaire. D’ailleurs, il est encourageant de voir les nombreuses réactions du public sur le site de Radio-Canada.ca.  Ces réactions varient beaucoup, par exemple il y a l’ingénieur (nom d’utilisateur: coffeeAddict) qui parle de la question philosophique de responsabilité:

Commentaire tiré de Radio-Canada.ca/enquete

Commentaire tiré de Radio-Canada.ca/enquete

Ou bien il y a les personnes qui prennent parti politique pour ou contre le PLQ et le PQ, même si en réalité, le bilan n’est pas particulièrement reluisant d’un côté comme de l’autre…

Un autre commentaire qui a attiré mon attention est celui-ci:

Commentaire tiré de Radio-Canada.ca/enquete

Commentaire tiré de Radio-Canada.ca/enquete

Il reste que l’évènement en soit soulève beaucoup de préoccupations pour la société québecoise d’aujourd’hui et je salue l’initiative d’Enquête de découvrir un peu plus de la vérité (d’ailleurs, il se peut bien que Sexy béton y était pour quelque chose!) même si déjà, ils se heurtent au problème de faire parler certaines personnes…

Il s’agit là plus que juste une négligence: “Parmi les éléments troublants dans cette histoire, il y a le fait que l’entrepreneur, Beaver, était au bord de la faillite lorsqu’il a obtenu le contrat. Pire, la compagnie n’avait même plus de licence de la Régie du bâtiment du Québec lors de l’effondrement.” (Radio-Canada.ca)

Enquête (Radio-Canada.ca), 4 mars 2010

Enquête (Radio-Canada.ca), 4 mars 2010

Et ce, parce qu’elle était était visée par une enquête de collusion pour des contrats de déneigement au moment où la ville de Laval lui a donné le contrat. Ce qu’il y a de plus étonnant encore c’est que le Ministère des Transports qui participait à l’enquête en question a autorisé la ville de Laval qui lui était mandataire d’accorder ce contrat.

Comme Concorde, le viaduc du Souvenir reflète les problèmes de corruption, collusion et d’incompétence qui assaillent les citoyens québecois.

Ça fait 10 ans que la famille Vinson demande seulement des excuses publiques. C’est bien peu quand on pense à l’ampleur de la faute commise.

Je vous encourage tous de regarder l’émission demain, en espérant que comme Sexy béton, elle permettra de conscientiser le public sur l’importance de réagir à cette tragédie.

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